Ce post est la suite de Le prix à porter : premières réaction.
Les indignés
C’était cet été au bord du canal St Martin. Elle était brune et ses cheveux ondulaient dans le vent. Par hasard, je venais de retrouver Florence de B., une copine d’enfance que je n’avais pas vue depuis plusieurs années. Après une école de commerce, Florence avait fait en Inde le « voyage d’une vie ». Elle avait découvert qu’il vivait là-bas des gens pauvres et cela avait bouleversé sa « conception du monde». « Les gens là-bas sont tellement spirituels, c’est tellement différent tu vois ? C’est quelque chose que tu ressens, tu vois ? » « Je vois, je vois… »
En rentrant, elle avait trouvé sa voie : elle ferait de l’humanitaire. Malheureusement, déchirée entre les nombreuses différentes causes qu’elle souhaitait défendre et incapable de se décider, elle restait pour le moment à Paris où elle avait accepté la mort dans l’âme et de manière parfaitement temporaire un job en marketing chez l’Oréal.
Alors forcément, quand vint la question « Et toi tu fais quoi dans ta vie ? » et qu’elle reçu la réponse « Moi chérie, je fais du prix à porter. Je permets à des gosses de riches comme toi, comme moi, de claquer du fric plus simplement, plus facilement. » le silence ce fit. Le ton légèrement sarcastique n’était apparemment pas passé.
Indignée, elle se lança dans un discours confus mêlant sa désapprobation la plus totale du prix-à-porter, sa compassion pour les enfants en Inde, son dégout pour les personnes de mon espèce. Pour illustrer le concept, j’évoquais le fait qu’elle portait des sandales Marc Jacobs à 400 euros, mais elle m’expliqua que cela n’avait rien avoir, que c’était un cadeau de son papa pour son retour de l’autre bout du bout de monde…
Vous l’aurez deviné, Florence de B., dans cette histoire à peine romancée, était un exemple d’indigné(e) (ou FrenchSetté(e)). Le FrenchSetté, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, est en effet bien moins souvent militant Trotskiste que bimbobo (contraction de bimbo et de bobo). Pour la (ou le) bimbobo, qui vie particulièrement mal sa duplicité « Let’s change the world » et « Never without my Gucci shoes », le prix-à-porter semble en effet être un peu déroutant…
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Et moi qui croyait être la seule à avoir changé “ma conception du monde” après 3 semaines de voyage… Serais-je bimbobo à l’insu de le savoir?
Merci pour ce post savoureux !
[...] lire la suite [...]
Excellent !!!!!!
On regrette qu’il n’y ait pas plus de catégories car les descriptifs sont excellents !!!
On finira bien par tous se faire Frenchsetétiser… quand ils comprendront que l’on vie dans un monde de frenchsetisation sauvage ;o)
Quel plaisir de lire ce flagrant délit de mauvaise foi… hehe
On ne pouvait pas mieux baptiser ces paradoxaux… : les bimbobos !!
énoooooorme
Fred, ne perd pas espoir, il y aura peut-être des sous catégories. C’est très tentant en tout cas…